J’ai annoncé plusieurs départs avant de comprendre que je n’étais pas prêt à reprendre la route. L’autisme ne négocie pas avec les calendriers, et le deuil de ma grand-mère m’a cloué au sol plus longtemps que je ne voulais me l’avouer. Cette troisième vague commence donc par une vérité : j’ai eu peur de repartir.
Je repars pourtant, non pour collectionner les villes, mais pour retrouver ce qui donne un sens aux kilomètres. À une table de dédicace, on ne me confie pas seulement un prénom à écrire. On me parle d’un diagnostic tardif, d’un enfant que l’on cherche à rejoindre, du masking qui épuise, d’une différence que l’entourage ne sait pas toujours entendre.
« Plusieurs fois, je me suis senti prêt, plusieurs fois j’ai raté mon envol. »
Je ne viens pas distribuer des réponses toutes faites. Je viens avec mon vécu, mes livres et le temps de vous écouter. Je veux que chaque rencontre reste un espace intime où personne n’a besoin de raccourcir son histoire pour qu’elle tienne dans le regard des autres.
Faire parler de l’autisme, pour moi, c’est lui rendre ses visages et ses voix. Chaque escale est une façon de déplacer un cliché, de soutenir une personne et d’ouvrir un peu plus le ciel. Voilà ce que porte la 3e vague des Ailes.
